Jiro Horikoshi, un jeune garçon japonais, rêve depuis son enfance de concevoir des avions. Malgré une vision défectueuse, il devient ingénieur aéronautique et se bat pour réaliser son rêve de créer des avions magnifiques et innovants. L'histoire suit sa carrière tout au long de sa vie, de ses débuts dans les années 1920 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.
Au fil de son parcours, Jiro rencontre de nombreux défis, notamment l'ascension du Japon vers la guerre et la tension croissante dans le monde. En parallèle, il fait la rencontre de Naoko, une jeune femme avec qui il tombe profondément amoureux. Leur relation, marquée par la guerre et les sacrifices, ajoute une dimension personnelle à l'histoire de Jiro.
Tout en poursuivant son rêve de perfectionner les avions, Jiro est confronté aux conséquences de ses inventions, qui seront utilisées à des fins militaires. Il doit jongler avec son amour de l'aviation et sa prise de conscience des impacts destructeurs de la guerre.
Le Vent se lève est une réflexion poétique sur la poursuite des rêves, les sacrifices personnels, et la lutte entre la beauté de la création et les horreurs du conflit. C’est un film sur l’ambition, l'amour, et la responsabilité, porté par la beauté des avions et du ciel, mais aussi par la conscience des réalités humaines et de leurs conséquences.
J'ai peu regardé ce film. Pourtant il est très cher à Miyazaki. Comme toujours les dessins sont sa signature. Nous sommes tiraillés tout au long du film, tout comme le personnage principal, entre sa passion et le fait que ses créations tueront des milliers de personnes. C'est peut-être pour ça que j'ai plus de mal à le regarder.
Il est également bien plus triste avec la mort promise de la femme de Jiro. Mais le message est beau : il faut tenter de vivre.
Jamais un film de Hayao Miyazaki n’aura suscité autant de débats, tant au Japon que dans le reste du monde. Film anti-patriotique pour certains japonais, apologie d’un créateur d’engins meurtriers selon d’autres, l’œuvre de Miyazaki est même accusée de faire l’apologie du tabac. Pourtant, après la découverte du dernier film de Hayao Miyazaki, on oublie bien vite ces querelles aussi futiles qu’inintéressantes pour s’incliner devant cette œuvre aussi magistrale que novatrice.
Tout au long de la réalisation, Miyazaki lui-même se pose sans cesse une question : comment mettre en scène un personnage, certes passionné d’aviation, mais aussi responsable indirect de la mort de dizaines de milliers de personnes durant la Seconde Guerre mondiale ? La solution trouvée par Miyazaki est simple : il ajoute une trame émotionnelle avec l’histoire d’amour de Nahoko et Jirô. Mais il ne choisit pas de montrer une histoire d’amour fictive et totalement inventée, qui aurait pu édulcorer la réalité historique et déresponsabiliser Jirô en le rendant plus attachant.
Il utilise en réalité la véritable histoire d’amour de l’écrivain Tatsuo Hori avec son épouse tuberculeuse Nahoko, qu’il prête à Jirô et sa femme. Cet ajout permet de resituer le Japon dans une réalité concrète : la maladie faisait alors des ravages et condamnait de fait les malades à une mort quasi-inéluctable. Elle permet également d’approfondir le personnage de Jirô : d’aspect froid, toujours très raide dans ses statures, avare de paroles, il est pourtant un personnage passionné et entier tant sur le plan professionnel qu’en amour. Il sait pertinemment que ses avions serviront à faire la guerre, de même qu’il a conscience que son histoire avec Nahoko est condamnée.
Pourtant, il décide de pleinement vivre ses choix, jusqu’au bout, malgré les doutes, malgré le poids de la culpabilité et de la tristesse. En voulant atteindre l’amour dans sa forme la plus pure, en rêvant de voir son avion parfait voler dans le ciel, Jirô accepte également de détruire ce qu’il a de plus cher. Ce film n’est pas révisionniste car il montre bien que Jirô a conscience de l’utilisation de ses avions. Par le biais du personnage allemand Castorp, Miyazaki condamne également la politique agressive et meurtrière du Japon en Asie. Jirô lui-même reconnaît ses torts et sa responsabilité dans les affres de la guerre. En mettant en scène la vie romancée de Jirô Horikoshi, Miyazaki dépeint tout simplement l’homme dans toute sa complexité et dans toutes ses nuances : passionné, destructeur, amoureux, imaginatif, cruel, égoïste, généreux...
« Il faut tenter de vivre » est véritablement le leitmotiv du film. Il faut tenter de vivre, malgré l’adversité, malgré la colère, le doute, la guerre. Il faut tenter de vivre ses rêves jusqu’au bout, sans nier ensuite sa responsabilité. Cet avant-dernier film de Miyazaki met en scène sa passion dévorante pour l’aviation, tout en réveillant chez lui ce lourd paradoxe : il aime les avions de guerre mais a en horreur leur utilisation guerrière, tout comme Jirô qui devra porter le lourd fardeau de ce paradoxe durant le reste de sa vie.