Dans le Japon médiéval, Ashitaka, un jeune prince, est maudit par un démon sanglier qu’il a combattu pour protéger son village. La malédiction commence à se répandre et pourrait le tuer si elle n’est pas arrêtée. Pour trouver un remède, il part en quête du dieu Cerf, se dirigeant vers l’ouest, où il rencontre une guerre entre les forces de la nature et les humains.
Au cœur de ce conflit se trouve Ashitaka, pris entre deux mondes : d’une part, Dame Eboshi, la dirigeante d’une ville industrielle appelée Tatara, qui veut déforester la région pour exploiter ses ressources et garantir la survie de son peuple ; et d’autre part, San, une jeune femme élevée par les loups et surnommée Princesse Mononoké, qui lutte pour protéger les esprits de la forêt, notamment l’esprit du dieu Cerf.
Tout au long de son voyage, Ashitaka tente de comprendre les deux camps et d’apporter la paix, tout en étant témoin de la violence entre l’industrialisation humaine et les esprits de la nature. Les personnages, en particulier San et Dame Eboshi, sont des figures tragiques, chacune croyant lutter pour sa survie, mais prêtes à détruire l’autre pour y parvenir.
En cherchant une solution à la guerre, Ashitaka réalise que la paix ne viendra pas sans sacrifices, et il doit choisir entre l’amour et la vengeance, tout en cherchant à arrêter la malédiction qui le ronge.
Mon film préféré. Mon tout premier Ghibli offert par ma tante quand j'étais en primaire. Un peu trop jeune pour regarder ce film j'ai été un peu traumatisée et j'ai mis quelques années pour pouvoir le regarder à nouveau sans avoir peur.
Tout d'abord les paysages, les dessins, le graphisme sont incroyables. La musique est probablement ma préférée. Ce film déborde de richesse. Les personnages sont complexes, chacun cherche à protéger les siens. Les différents protagonistes apprenent à se comprendre au fur et à mesure du film. Dame Eboshi qui apparait d'abord comme notre ennemie - celle de San et celle de la nature - se révèle pour les gens de son village, et notamment les femmes et les lépreux, une véritable héroïne. Ils sont prêts à tout pour la protéger et suivre ses ordres.
Même si une catastrophe semble être inéluctable, les personnages vont se battre jusqu'au bout, quitte à tout détruire. Les messages véhiculés par ce film sont très beaux mais lucides. Il fait évidemment partie du top 5 (même du top 1 pour moi ) !
Princesse Mononoke aura été l'événement cinématographique de la décennie au Japon et le premier film de Hayao Miyazaki à être distribué à l'échelle mondiale. Ce n'est que justice : ce long métrage est un prodigieux chef-d'œuvre, d'une richesse inépuisable et d'une gravité sans précédent. Le triomphe de Princesse Mononoke peut paraître paradoxal. En prenant le contre-pied de ses travaux précédents et en livrant une œuvre plus complexe et plus hermétique, Hayao Miyazaki obtient en effet son plus gros succès jusque là.
Beaucoup de spectateurs peu habitués à l'animation japonaise ont en fait surtout été déroutés par le traitement, inhabituel pour un dessin animé. Notre vision manichéenne du monde est en effet mise à dure épreuve... Ce n'est pas l'habituelle lutte entre le bien et le mal. Il n'y a ni « méchants » ni « gentils », mais juste des protagonistes qui ont une vision différente du futur et qui défendent leurs intérêts. Ils ont chacun leurs défauts, mais les animaux comme les forgerons combattent pour leur survie. Le conflit naît de l'incompréhension et de l'absence de dialogue, chacun restant sur ses positions.
Même Ashitaka, l'âme la plus pure de l'histoire, n'est pas exempt de sentiments haineux par moments. C'est en fait un personnage qui évolue mentalement et physiquement tout au long du film. Son parcours est celui d'un jeune homme qui cherche à se soigner, à se purifier. C'est une des conditions qui lui permettra d'atteindre l'harmonie intérieure. Dans son périple, il rencontre la haine, l'amour, le désespoir et perdra son innocence originelle. On vibre, on souffre avec lui. Comme lui, on se sent concerné par cette lutte de civilisation. Comme lui, on aimerait pouvoir concilier les intérêts de chacun. Comme lui, on se rend compte comme il est difficile de porter sur le monde un regard lucide...
Comme dans Nausicaä, Mon voisin Totoro et Pompoko, Princesse Mononoke explore les relations entre les hommes et la nature. On a rarement vu une représentation aussi forte de la nature dans un film... Elle est montrée dans toute sa splendeur, son mystère, mais aussi sa cruauté quand elle se sent menacée. Excepté le Shishi-gami, les dieux sont représentatifs de l'hostilité de cette nature qui se sent agressée. Elle se révolte contre des hommes. Dans Princesse Mononoke, la nature est un impressionnant pouvoir, mais qui ne cesse de décroître au fur et à mesure que l'humanité s'émancipe. Ainsi, les divinités animales voient irrémédiablement leur taille et leur intelligence diminuer au fil des générations, certaines allant jusqu'à perdre la parole. Au fur et à mesure que le film avance, on sent le combat perdu d'avance pour la nature, d'autant que le dieu de la forêt reste en dehors du conflit.
Son comportement, qui pourrait passer pour de l'indifférence, cache en fait des intentions totalement étrangères à la pensée humaine. Le Shishi-gami est plus qu'une simple divinité. C'est l'incarnation de l'équilibre naturel. Il dispense la vie et la mort à sa guise, sans qu'aucun jugement de valeur n'entre en ligne de compte.
L'amour est un autre thème important de Princesse Mononoke, ce qui peut sembler surprenant pour une œuvre de Hayao Miyazaki. Mais loin de sombrer dans une bluette romantique, l'histoire entre San et Ashitaka symbolise en réalité cette alliance nécessaire entre l'homme et la nature. Si cette romance peut paraître frustrante dans son dénouement, elle ne reflète en fait que les relations entre la Nature et l'Homme, entre attraction et répulsion. De plus, cette conclusion inhabituelle rend la relation entre les deux héros étonnamment magnifique. Si Ashitaka et San se séparent, ce n'est pas par fatalisme, mais par respect du choix de l'autre. Ils n'appartiennent pas au même monde, ils n'ont pas les mêmes convictions, et pourtant ils ont réussi à s'ouvrir mutuellement leurs cœurs. Les deux amoureux ne se verront qu'occasionnellement, sans certitude que leur relation durera.