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Les Films de Hayao Miyazaki

Le Château dans le Ciel

Image du titre du film

Synopsis

Sheeta Pazu et le Robot du jardin Le Château dans le Ciel : Laputa Sheeta et Pazu découvrent Laputa

Dans un monde où les dirigeables et les machines volantes dominent le ciel, Sheeta, une jeune fille portant un mystérieux cristal, s’échappe d’un dirigeable attaqué par des pirates de l’air. Elle tombe du ciel et est sauvée par Pazu, un jeune garçon travaillant dans une ville minière. Le père de ce jeune garçon est mort de tristesse quand, après avoir photographié une cité volante, personne n'a voulu le croire. Pazu a pour rêve de prouver l'existence de cette cité volante, Laputa, pour prouver que son père ne mentait pas.

Les Pirates de Doha

Sheeta et Pazu découvrent que le cristal de Sheeta est lié à Laputa, une île flottante contenant une technologie avancée. Mais ils sont poursuivis par le gouvernement et par les pirates de la bande de Dora, qui cherchent à s’emparer du pouvoir pour les uns et des trésors pour les autres, de Laputa.

Papi Paul
Muska Sheeta et Pazu récitent la formule interdite

Rejoignant l'équipage des pirates, ils entreprennent une aventure périlleuse pour retrouver Laputa avant qu’elle ne tombe entre de mauvaises mains. Arrivés sur l’île, ils découvrent une cité abandonnée, gardée par des robots anciens. Cependant, Muska, un agent du gouvernement, révèle son ambition de contrôler Laputa et son arsenal destructeur.

Pazu et sa trompette

Le saviez-vous ?

Pour ceux qui ont l'habitude de regarder des animés, peut-être aurez-vous vu Shigatsu no Uso (Your Lie in April). Si vous ne l'avez pas vu je vous le conseille, mais sortez les mouchoirs. Dans cet animé, premier épisode, Kaori va utiliser un mélodica pour jouer la même mélodie que celle jouée à la trompette par Pazu ppour ses colombes !

Laori joue du Melodica dans Shigatsu no Uso

La petite review de Madame Didelon

Ce film semble un peu plus enfantin au premier abord. Pourtant en grandissant et en regardant à nouveau ce film, on comprend de nouvelles choses, des messages qu'on avait pas su déchiffrer. C'est le seul film de Miyazaki où il y a un réel méchant. C'est très rare chez lui : personne n'est totalement méchant ou totalement gentil. Nous avons tous du bon et du mauvais en nous. Pourtant ici Muska ne montrera aucun côté positif.

Ce film a de l'humour, les pirates que l'on considère méchants au début sont très drôles : beaucoup de scènes auxquelles ils participent finissent au moins par faire sourire.

C'est le générique que j'aime le plus dans tous les films. Je trouve les dessins des nuages incroyables et ceux des cités volantes également.

J'aime bien regarder ce film quand je suis un peu nostalgique, c'est sûrement celui que nous avons le plus regardé avec ma petite soeur quand nous étions jeunes ! Nous connaissons la musique de fin par coeur. Il fait partie de notre top 5 !

Analyse du film

Le Château dans le ciel est fortement inspiré des Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, auteur irlandais du 19ᵉ siècle. Il semblerait que « Laputa » soit un mot indigène (des habitants de l'île volante) dont Swift interprète la sémantique de façon suivante : « Le mot que je traduis par « île volante » ou « flottante » se dit en cette langue Laputa ; mot dont je ne distingue pas la vraie étymologie.»

Dans Nausicaä de la Vallée du Vent (et en particulier dans sa version manga) Hayao Miyazaki nous mettait déjà en garde face au danger du pouvoir que conférait la technologie, et le fait de l'utiliser tout en ignorant ses conséquences sur l'équilibre de l'homme et de la nature. Le château dans le ciel reprend ce message en changeant légèrement de point de vue. La technologie n'est pas seulement une histoire de guerre ou d'industrie, c'est surtout un objet de fascination. L'enfant y voit le jeu et la découverte, l'adulte le pouvoir et la fortune, sans jamais mesurer les conséquences de leurs actes.

Le château dans le ciel n'est cependant pas un film anti-progressiste. Miyazaki n'est pas contre la technologie, mais seulement contre la foi aveugle que beaucoup ont en elle. En effet, la technologie ne peut pas résoudre tous nos problèmes, elle ne peut pas se substituer à nos racines, à notre lien profond avec la nature. L'histoire du royaume de Laputa est significative à cet égard.

Créée par les Laputiens à une époque trouble de leur histoire, l'île flottante a d'abord été un moyen pour ses citoyens d'échapper aux conflits qui sévissaient à la surface de la terre. Dotant la cité d'un incroyable arsenal de guerre, les Laputiens sont devenus les maîtres du monde. Rien n'aurait pu remettre en cause la toute-puissance et la domination de ce luxuriant royaume. Et pourtant... il y a environ sept siècles, tout s'est désagrégé. Les Laputiens ont progressivement abandonné l'île pour revenir à un mode de vie plus sommaire, sur la terre ferme. Etait-ce une déchéance ou un choix délibéré ? Quoi qu'il en soit, le résultat est là et le message est clair. Comme Sheeta l'expliquera à Muska : « Pourquoi Laputa a été détruite ? Je ne le sais que trop bien : Il y a une chanson dans la vallée de Gondoa qui dit : « Plonge tes racines dans la Terre. Laisse-nous vivre avec le vent. Passe l'hiver dans la terre comme les graines. En chante le printemps avec les oiseaux. » Pour vivre on n'a pas besoin de semer la mort et on n'a pas besoin de milliers de misérables robots ! Mais personne ne peut survivre loin de la terre ! »

Sur Laputa, sans les hommes, les robots soldats deviennent de simples « jardiniers » et des défenseurs ardents de la vie. Existe-t-il une plus noble utilisation de la technologie que de protéger la vie ? Derrière la légende de Laputa, c'est bien notre monde que Miyazaki met en lumière et dénonce. Un monde matérialiste qui mise tout sur la technologie et le pouvoir, perdant le contact avec la Terre. Le réalisateur ne semble pas très optimiste pour le siècle à venir car, selon lui, « il y aura toujours plus de tragédies humaines, les hommes ayant commencé à faire de plus en plus de choses stupides et dangereuses. »

Le regard de Miyazaki est d'autant plus amer qu'il est lucide. Muska a raison lorsqu'il dit : « Laputa ne sera pas détruite. Elle renaitra de ses cendres. Le pouvoir de Laputa incarne le rêve de la race humaine. » Ce rêve de puissance, Miyazaki nous en montre l'issue inéluctable et fatale. La nature reprendra ses droits que ce soit avec ou sans l'homme. L'arbre géant de Laputa devient alors la métaphore de la force vitale et régénératrice de la nature. Sa miraculeuse capacité à préserver ce qu'il y a de meilleur et de plus beau sur l'île n'est pas le résultat de la magie mais celui d'un écosystème équilibré. On remarque par ailleurs que Muska est le seul personnage du réalisateur foncièrement mauvais, un être froid et calculateur, dénué de tout humour, sans aucune chaleur. Muska incarne tout ce que l'humanité a de plus vile. Mais Miyazaki laisse entrevoir une note d'espoir. Un avenir meilleur est possible grâce à la jeunesse, qui s'incarne en Pazu et Sheeta, symbole d'une humanité pure, innocente, attentive à son environnement.