Dans le Japon rural des années 1950, Satsuki (10 ans) et Mei (4 ans) s’installent avec leur père dans une vieille maison à la campagne. Leur mère est hospitalisée pour une maladie, et leur père, un professeur d’université, tente de s’occuper d’elles tout en poursuivant son travail. Très vite, les filles découvrent que leur nouvelle maison est habitée par des petites créatures noires appelées noiraudes, qui s’enfuient dès qu’elles prennent possession des lieux.
Un jour, en explorant la forêt voisine, Mei rencontre une immense créature bienveillante : elle lui donne le nom de Totoro, un esprit de la nature aux allures de gros animal moelleux. D’abord seule à le voir, elle entraîne bientôt Satsuki dans ce monde magique. Au fil des jours, les deux sœurs vivent des aventures extraordinaires avec Totoro et d’autres esprits de la forêt. Il les aide notamment lors d’une nuit pluvieuse en leur offrant un trajet magique en Chat-bus, un mystérieux félin géant en forme de bus.
Fondé sur une histoire simple, Mon voisin Totoro est un conte moderne, un hymne à la nature dans sa description des décors et, au travers de l'évocation de symboles porteurs d'une signification religieuse, le rappel de la réalité d'une époque du Japon rural. Devenu un véritable phénomène de société au Japon, Mon voisin Totoro est devenu le film emblématique de l'œuvre de Hayao Miyazaki et même du studio Ghibli.
Aaaah Totoro ... C'est un film que je regarde quand je suis très nostalgique. C'est un film où il ne se passe rien, mais on retombe en enfance avec Mei et Satsuki. Comme elles on a peur du noir, du vent qui souffle fort, on a envie de courir partout pour découvrir la nouvelle maison un peu vieille mais tellement charmante et tous les recoins de l'énorme jardin. On s'ennuie en été quand on ne doit pas aller à l'école et que nos parents travaillent.
Nous aussi on a envie de découvrir ce petit passage secret qui nous mènerait à cet incroyable voisin. C'est un film incontournable : c'est là qu'on reconnait les meilleurs, nous faire apprécier un film plein de scènes où le quotidien devient une aventure ! Il fait partie de notre top 5 !
« Hayao Miyazaki a installé Totoro non seulement à Tokorozawa, mais aussi dans absolument toutes les forêts et tous les bois du Japon proches des habitants. Totoro vit dans le cœur de tous les enfants du pays, qui, quand ils voient des arbres, s’imaginent que Totoro s’y cache. Une chose si fantastique est rarissime » (Isao Takahata dans Le feu d'artifice d'Eros).
Si Hayao Miyazaki se refuse à créer un film autobiographique, il met tout de même à contribution sa mémoire. La période qu'il décrit est celle qu'il a lui-même vécue étant enfant. Mais il y a encore un lien plus personnel entre sa vie et son film, puisque sa mère, atteinte de la tuberculose, a été hospitalisée et alitée pendant la plus grande partie de son enfance. La nature de la maladie de la mère dans Mon voisin Totoro n'est jamais explicitée, mais l'hôpital de Shichikokuyama dans lequel elle séjourne existe bel et bien dans la réalité. C'était à l'époque un centre reconnu pour le traitement de la tuberculose.
Les analogies avec un livre de la littérature anglaise, Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll, sont nombreuses dans Mon voisin Totoro. Qu'il s'agisse du Chat-bus, au sourire lunaire, qui apparaît et disparaît d'une manière qui n'est pas sans rappeler celle du chat du Chester ou de la chute de Mei dans le puits de l'arbre, menant au repaire de Totoro. Mei est très proche du personnage d'Alice, elle entre facilement dans le monde de l'imaginaire. Au départ, on peut prendre les rencontres de Mei comme des affabulations de son esprit, correspondant à sa réalité d'enfant trop imaginatif. Ainsi, lorsqu'elle découvre le gros Totoro, elle s'endort avec mais ne peut plus le retrouver lorsqu'elle veut le présenter à son père et sa sœur. Mais le doute devient de plus en plus réel quand Satsuki les découvre à son tour.
Le rapport à l'imaginaire des autres personnages est plus nuancé. Satsuki va à l'école du village et ne se soucie guère de trouver un monde fantastique dans la campagne, mais sortie de l'enfance tout récemment, elle acceptera tout de même facilement cet univers fantastique lorsqu'elle y sera confrontée. Leur père est gentil et compréhensif mais il appartient au monde des adultes et, trop occupé par son travail, ne se rendra jamais compte de la magie des lieux qui l'entourent.
Avec Mon voisin Totoro, Miyazaki réussit le pari fou de réaliser un film où il ne se passe finalement que peu de choses, une rencontre entre deux petites filles et des esprits de la forêt, avec qui elles jouent sous la pluie, font pousser des arbres ou survolent la campagne japonaise…et pourtant, Mon voisin Totoro est un véritable bijou, considéré souvent par les fans comme le meilleur film du réalisateur, un bonheur de tous les instants qui touche le cœur de chaque spectateur. Cette réussite tient probablement du génie de la mise en scène que possède Miyazaki, mis au service d'une histoire simple mais pas simpliste !
Mon voisin Totoro est donc un film qui s'appuie sur une trame scénaristique simple, mais d'une richesse et d'une profondeur inouïes. Sans appuyer lourdement sur ses influences, ses références, sa mise en scène, Miyazaki crée un véritable bijou du cinéma, une ode universelle à l'enfance et à sa magie, qui convient à tous les âges !